
La Chine va une nouvelle fois occulter le massacre de Tiananmen
La Chine spécialiste de l’effacement des mémoires
Plus fortes encore que les Soviétiques qui retiraient des photos les personnages devenus persona non grata, les autorités Chinoises s’emploient à gommer toutes traces qui ne leur plaisent pas, et Tiananmen n’est pas le seul exemple.
La sinologue Marie Holzman explique qu’on ne compte plus les hauts personnages qui disparaissent sans laisser de trace, comme le ministre des Affaires étrangères Qin Gang, que l’on a cru mort en juillet 2023 et qui finalement serait peut-être encore en vie.
C’est le cas aussi de la championne de tennis Peng Shuai, disparue des courts depuis 2020, dont l’ONU a exigé des nouvelles en 2023, en vain.
Pour Marie Holzman il y a encore un cas plus marquant de cette volonté de la dictature chinoise d’effacer l’Histoire : « L’exemple qui m’a le plus bouleversée, c’est la disparition de Liu Xiaobo [écrivain et militant pour les droits de l’Homme]. Elle a été vraiment extrêmement concrète puisqu’ils ne lui ont laissé que deux jours pour être incinéré et qu’ils ont jeté les cendres à la mer. Le but, évidemment, c’était d’éviter un lieu de commémoration à un héros national. Liu Xiaobo est complètement oublié en Occident, il n’y a personne qui se souvient de son nom. Je vous rappelle que c’était le Prix Nobel de la paix et le seul qui ait jamais existé en Chine. »
La sinologue ajoute que l’un des seuls monuments au monde qui rende hommage au Prix Nobel chinois se trouve en Irlande et qu’il n’existe aucun lieu de mémoire en France malgré ses demandes répétées.